{30/09/08}

OUVREZ BIEN LES YEUX

Tous vos repères sont appelés à bouger. Non seulement votre environnement professionnel (pour ceux qui peuvent prétendre en connaître un), mais votre cadre de vie, vos habitudes en matière de loisirs, de consommation…

Ouvrez les yeux. On nous annonce de grandes mutations à l’échelle collective comme individuelle. A chacune, à chacun de se préparer à ces nouvelles règles du jeu.

Oui, ouvrez bien les yeux. Vous risquez bien d'apercevoir encore un libraire…


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{02/09/08}

PAPIER CONTRE NUMÉRIQUE ?

A l’heure où les médias prophétisent l’avènement du tout-numérique (et le déjà fameux livre numérique), qu’en est-il de la place réservée au livre dit papier ?
Journalistes, chercheurs, enseignants, sociologues, professionnels*, publics de tous âges, sont appelés tour à tour à s’exprimer sur le sujet… Le constat est multiple et dissonant, selon l’implication des uns et des autres.

Oui, l’accession au livre numérique ouvre de nouvelles perspectives aux attentes (diverses) des lecteurs d’aujourd’hui : interactivité (liens hypertexte), capacité de stockage, actualisation des données via téléchargement…

Oui, cette véritable interface de communication est un outil particulièrement adapté par sa souplesse à l'usage des étudiants, universitaires et autres chercheurs…

Oui, le rapport contenant/contenu s’avère tentant : 200 à 400 grammes pour l’équivalent de près de 200 livres.

Non, le livre électronique ne peut pas encore prétendre à l’universalité des supports. Cybook**, Iliad**, GeR2**, Sony reader**, Kindle**, Digibook**, Gen 3**…, plusieurs opérateurs sont en lice, là aussi, pour obtenir les faveurs des premiers cyber-lecteurs.

Non, le livre électronique n’est pas pour toutes les bourses : compter de 200 à 650 euros, selon Le Monde (04/07/08), qui relève qu’un changement d’appareil serait nécessaire tous les dix-huit mois …

Non, le livre électronique ne peut se substituer au confort de lecture d’un roman papier (essayez donc « Les Bienveillantes », pour voir), un beau livre, un livre d’art, un album jeunesse, une BD (à l’exception du manga, sans doute)… Plus généralement, si l’on entrevoit déjà un atout au livre électronique dans les domaines de la recherche, dans la réactivité de son contenu, on peut être plus réservé sur le plaisir de lecture qu’on peut en attendre sur le long terme, quelles que soient par ailleurs la résolution d’affichage et la qualité de contraste…

Le lecteur au long cours ne sera-t-il pas tenté de privilégier le rapport sensuel au livre-papier, ce compagnon de toutes les heures, de tous les déplacements, n’exigeant de vous que votre complicité…
Question générationnelle ?
L’avenir en décidera.

Reste à définir le contour du circuit de distribution le plus légitime à intégrer ce support dans son offre. Entre éditeur, distributeur et libraire, partagés à ce jour entre prudence et curiosité, entrevoyant qui un marché de niche, qui une révolution des modes de lecture, les paris sont ouverts…
En tout état de cause, le libraire devra trouver sa place dans cette recomposition du marché du livre, à moins de s’exclure du débat, au risque de se marginaliser.
Et si notre rôle était là, aux avants-postes de cette mutation, à prévenir le risque d’une lecture zapping qui nous préparerait à l’amnésie…

* voir le rapport sur le livre numérique de Bruno Patino disponible en ligne ici

** marques déposées

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